La révolution informatique de la banque postale

Pour rester dans la concurrence, la Banque Postale veut lancer son ultime offensive. Après la consolidation de ses fonds propres durant l’automne 2014, par la récupération de l’ensemble des encaisses de ses bureaux de poste (632 millions d’euros), puis après le lancement de la formation de ses 70 000 salariés, la Banque Postale prévoit actuellement de revoir ses systèmes d’information, qui est le centre de son système bancaire. Cela permettra de la mobiliser jusqu’en 2021 et peut nécessiter un investissement global de 1 milliard d’euros.

Une mutualisation des systèmes de production

Ce revirement était inévitable. Selon le directeur des systèmes d’information, Patrick Renouvin, le coût d’entretien de nombreuses couches de logiciels éparses peut devenir excessif et peut provoquer des risques opérationnels. Il explique que c’est important de se projeter vers le marché des professionnels, pour cela, il faut avoir un système d’information de dernière génération. Pour son plan stratégique, l’établissement envisage de proposer une offre pour les clients professionnels afin d’en convaincre plus de 200 000 jusqu’en 2020 et trouver ainsi de nouveaux relais de développement.

Les investissements attendus vont permettre à la Banque Postale d’actualiser ses entreprises de production de crédits, ses systèmes de tenue de compte ainsi que ses outils d’émission de prélèvements ou de virements. La filiale de La Poste s’est notamment associée avec Sopra Banking Software afin de créer une plateforme standardisée consacrée à l’administration de ces prestations. Le coût de leur développement avec leur mise à jour réglementaire doit alors être réduit. Patrick Renouvin confirme que les systèmes de production ne peuvent pas apporter d’éléments de différenciation vis-à-vis de la concurrence. Par conséquent, il faut chercher à mutualiser au mieux le développement de la banque.

Les nouveaux clients

Mis à part les bénéfices attendus grâce à la vitesse d’exécution des opérations, la Banque Postale prévoit aussi de diminuer ses frais de maintenance informatique de 30% avec ce nouvel outil. En tout, le groupe affiche un coût de charges informatiques annuel de 800 millions d’euros. La Banque Postale envisage de stabiliser ce budget malgré ses ambitions de croissance.

À l’image de ses concurrents, la Banque Postale place ses espoirs sur ses appareils de distribution digitaux. Cela concerne notamment ses automates, sa banque en ligne et ses applications sur tablette. Contrairement aux usines de traitement d’opérations, ces outils devront fidéliser les anciens clients et captiver de nouveaux clients.