Andorre et Madrid interviennent sur la banque suspectée de blanchiment

Depuis 2010, l’ex-paradis fiscal, Andorre, s’est engagé à entamer la voie de la légalité et de la transparence : accords de coopération fiscale, introduction d’impôts, etc. En juin 2014, il a signé l’OCDE ou organisation de coopération et de développement économique. D’après ces engagements, il est contraint d’arrêter toute forme de secrets bancaires.

Le 10 mars dernier, la BPA ou Banque Privée d’Andorre a été dans la ligne de mire de la FinCEN, un réseau qui lutte contre les délits financiers américains. Cet organisme, qui dépend du département du trésor aux États-Unis, a décidé de classifier la BPA dans la catégorie des banques à soupçonner en priorité de blanchiment d’argent.

L’INAF (Institut National Andorran des Finances), autorité de régulation, s’est immédiatement décidé à contrôler la BPA en vue de garantir le respect des normes concernant le blanchiment de capitaux. Selon Antoni Marti, chef du gouvernement d’Andorre, le but de ce contrôle est d’assurer la continuité opérative de l’établissement, de préserver les clients et de s’assurer du respect du nom ainsi que l’intégrité du marché financier andorran.

Par ailleurs, le Trésor américain a ouvert une enquête interne de son côté. Celle-ci met en cause trois hauts responsables de la BPA qui sont soupçonnés d’avoir simplifié certaines opérations de blanchiments relatives à la corruption et au crime organisé, surtout en Chine et en Russie. Par la suite, ces fonds rentraient dans le système financier des États-Unis grâce à des comptes BPA sur des banques américaines.

L’existence d’une évasion fiscale

En général, la BPA opère en Espagne par l’intermédiaire de Banco de Madrid, une filiale qu’elle a entièrement achetée en 2011. Quand la nouvelle s’est répandue à Madrid, la Banque d’Espagne a immédiatement pris en main la Banco de Madrid.

La Banco de Madrid est régulièrement soumise à une enquête concernant la fortune cachée de l’ancien dirigeant de la région catalane, Jordi Pujol, et de sa famille. C’est notamment via cet établissement que la famille Pujol réussissait à régulariser son patrimoine de 4 millions d’euros, conservé à Andorre.

Selon la FinCEN, il y aurait aussi un haut responsable de la BPA qui serait impliqué dans l’affaire Gao Ping. Ce collectionneur chinois d’art contemporain, avec 80 autres personnes, a été arrêté en 2012 pour des crimes d’évasion fiscale, de corruption, d’extorsion, de jeu illégal, de prostitution et de trafic de drogue.